Les pérégrinations d’un panda en Algérie : balade en montagne.

Pouf Pouf Pouf …

Le panda se dandine sur la colline …

Pouf Pouf Pouf … 

Le panda s’égare dans la montagne … 

……….

Mais quelle est la différence entre une colline et une montagne ?

– » La colline est couverte d’herbe et la montagne d’arbres ! »

-« N’importe quoi ! La colline est petite, et la montagne haute « 

– « Bien, mais à partir de quelle hauteur une colline devient montagne ? »

Alors avez-vous la réponse ?

Ceci est la version simplifiée de la discussion que j’ai eu avec mon Nhomme-Mari, dans un taxi, très très tôt un matin, lorsque nous partions pour M’chedallah. 
Quelques jours après le mariage, nous sommes partis en vadrouille montagnarde afin de mettre à jour les papiers de Monsieur Nhomme-Mari. Ce fut l’une de nos seules réelles sorties, j’en ai donc profité pour prendre des photos très médiocres
Pour cela, il nous fallait partir en taxi collectif pour Bouira, puis prendre un mini-bus jusqu’à notre destination finale. 
Bon, manque de chance, nous n’avons pas choisi le taxi collectif le plus confortable … Puisque nous étions tout au fond, la moitié des fesses dans le coffre, dans un modèle de voiture qui ne s’y prêtait pas. 
Source ici. Je ne sais pas si c’était cette marque de voiture, mais ça y ressemblait fortement #nulleenvoiture
C’est donc assis, les genoux relevés jusqu’au menton, que nous sommes partis. 
La veille, le Nhomme-Mari m’avait dit que nous ne devrions pas passer en pleine montagne, la route étant dangereuse, mais la contourner. Le chauffeur de taxi ne devait pas être de cet avis ce jour là, puisque nous l’avons bien traversée ! 
Je pense que c’est la première fois que j’empruntais une route montagnarde. Ça monte ça descend, ça serpente, souvent à pic. Je me suis souvent demandé comment la voiture arrivait à tenir le coup, surtout les freins ! Ajoutez à cela que des barrières de sécurité, j’en ai vu très peu ! Et une panne sèche ! Oui, en pleine montagne, plus une goutte d’essence dans le réservoir ! Et comme un fait exprès, la panne s’est passée à deux mètres d’une station essence perchée sur une colline. 
Mais moi je suis une warrior voyez-vous ! Pas peur, j’ai embarqué mon en-cours crochet (les aiguilles je le sentais moyennement, se crever un oeil à cause d’un soubresaut de la voiture sur une route un peu cahoteuse par endroit, bof). 
Tellement warrior le panda, que j’ai même réussi à crocheter avec le Nhomme-Mari accroché à mon bras, littéralement, qui piquait un p’tit somme sur mon épaule. 
dur de se lever à 6h presque tous les jours ! et oui, c’est sans ceinture en Algérie … Warrior je vous dis !
Et du coup, des collines et des poteaux électriques, j’en ai vu pas mal : 
Des collines avec des buissons
Des collines avec des arbres
Des collines avec des oliviers
Des collines avec un âne, si si au milieu, et des figuiers de barbarie il me semble (son fruit est délicieux) !
Il y avait des collines avec des militaires armés aussi. Des barrages pour l’essentiel. Forcément, la lutte contre le terrorisme est très active en Algérie, la wilaya de Tizi-Ouzou n’est pas épargnée, il y en a donc un peu partout sur les routes et dans les villes. Nhomme-Mari m’a fortement déconseillé de les prendre en photo. Je ne l’ai donc pas fait. Néanmoins, j’ai trouvé la situation assez cocasse, lorsque, passant devant un vieux pont en bois de ce type en plus délabré, coincé entre deux flancs de montagne, je remarque des vêtement étendus sur un fil en plein milieu du pont. Je me dis que c’est un drôle d’endroit pour étendre ses slips kangourou, surtout qu’il n’y a pas de maison alentour. Ce qu’il y avait, c’était un barrage, et les militaires avaient entreposés leur affaire sur le pont…
Et puis j’ai vu une chaîne de montagnes, le Djurdjura. Mes photos ne lui font pas du tout honneur … 
Vous remarquerez que j’ai été médisante et qu’il y a une barrière de sécurité, d’ailleurs on ne voit qu’elle ! Le Djurdjura se cache derrière : )
Une trèèèès longue chaine de montagne ….
Ici on voit clairement la différence entre colline et montagne, en disant que la montagne y’a de la neige dessus, oui je suis d’utilité publique ! 

 Et nous sommes finalement arrivés à M’chedallah :

Photo prise en repartant
Nous n’y sommes restés que 10 mins … Après trois longues heures de route … Pas de jolies photos donc … 
Le papier confié par l’officier de l’état civil qui nous avait marié, n’était pas complet … J’y reviendrai plus tard. Mais cela a eu le don de bien énervé mon Nhomme-Mari, qui n’a pas arrêté de me grogner dessus durant les 4 heures qui ont suivi, qui n’avait plus qu’une idée en tête, rentrer vite et repartir sans moi tuer engueuler le-dit officier. 
Le chemin du retour a été assez folklo, il faut le dire … 
Nous avons rejoins Bouira en mini-bus et nous nous sommes retrouvés bloqués à la station de taxi : il n’y en avait plus ! Cela m’a donné le temps de prendre une « vraie » photo, comprendre, sans fenêtre de voiture faisant l’intermédiaire : 
Avec en guest stars les lampadaires algériens, oui je vous fais rêver, j’en suis consciente ♥
Finalement, un chauffeur, qui avait fini sa tournée de la journée, a accepté de nous emmener, avec quatre autres personnes. Cette fois le taxi était hyper confortable ! 
Au bout d’une heure, en pleine montagne, le chauffeur s’arrête sur le bas-coté et nous annonce qu’il s’en va ! 
Un vieux monsieur s’installe à sa place, son père. Ce dernier finira de nous emmener, non sans peur (de ma part), à notre destination. 
Pourquoi ai-je eu peur ? 
C’est tout simple. Toujours sans ceinture, je me suis retrouvée dans le taxi d’un papy de course ! Le vieux monsieur n’arrêtait pas de dépasser à tout va ! Sauf qu’en pleine montagne, les routes sont très sinueuses, trompeuses, pentues, raides, bref, jamais il ne me viendrait à l’idée de dépasser un autre conducteur sur une route pareille… Mais le papy, ça le démangeait ! Il s’engageait donc à contre-sens pour dépasser, et même, lorsqu’une voiture arrivait en face, au lieu de freiner et de se ranger, lui accélérait, klaxonnant encore et encore pour que la voiture, qu’il était en train de dépasser, freine pour lui laisser la place. En gros, nous pourrions assimiler ça à un « Freine conn*rd que je passe ! » Et tout cela semblait très naturel. 
Je vous ai dit que nous n’avions pas les mêmes notions du code de la route ? Ben voilà  … 
Sur le chemin du retour, il y avait encore des collines 

Montagne ou colline dans le fond ? 
Pas de troupeaux sur les collines … on les trouvait sur les bords des routes, mais jamais sur les collines, il y a pourtant de quoi !
Je me demandais quand j’allais trouver des gens vivant sur la colline !
Durant le trajet, nous sommes passés dans un endroit entièrement fleuri de jaune. Mon Nhomme-Mari m’a précisé alors qu’on appelait cet endroit la colline aux genêts, si j’ai bien retenu. L’endroit sentait terriblement bon. L’air embaumait de cette odeur, le soleil brillait, l’air était très doux. J’ai beaucoup aimé passer dans ce petit coin. 
Je n’ai malheureusement pas d’autres photos de ce petit coin de paradis. D’une, parce que le petit papy de course était à fond sur son volant et sa pédale d’accélérateur, du coup le panda n’était pas hyper rassuré. De deux, parce que j’étais claquée et que je me suis endormie  en profitant du soleil et du parfum… 
Notez le paradoxe, j’arrive à m’endormir avec un fou du volant … 
Bref, ces montagnes sont vraiment très belles, j’espère pouvoir en profiter plus un jour …
————
N’oubliez pas le concours, il n’y a eu que quelques courageuses qui ont relevé le défi de mon questionnaire, elles sont toujours vivantes, alors n’hésitez pas 🙂 


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8 thoughts on “Les pérégrinations d’un panda en Algérie : balade en montagne.

  1. Je ne les trouve pas médiocres tes photos, ça donne une bonne idée des paysages que tu as traversés. Je t'envie, même si l'aspect folklorique m'aurait probablement fait râler aussi par moments 😉

  2. J'aimerai apporter deux précisions : 1 – Eh non ma chère, on a pas emprunter le 'chemin des montagnes' celui qu'on a pris c'étai du pipi de chat devant le dangereux chemin de Tikjda.2 – Tizi-Ouzou = Colline aux Genets. (en Kabyle c'est dit 'Thizi Npouzzou' à savoir Thizi = Colline; nP = De(s)/au(x); Ouzzou = Genets. Autrefois toute Tizi-Ouzou était comme cet endroit.

  3. Ah bah je m'y attendais ! ^^ 1 – Mon cher Nhomme-Mari, dans ce cas, le pipi de chat algérien a fait bien peur au panda français ! Franchement, pour moi, on était passé dans un coin trop abrupte pour ne pas être dangereux, surtout avec le petit papy fou … 2 – Je savais bien que j'avais oublié quelque chose. Dans le doute, j'ai écris que ce dont je me souvenais clairement, entre deux somnolences. Genre, me rappelle que tu m'as parlé mais pas de ce que tu disais, oups :p

  4. Un très bel article, j'ai beaucoup ri pour les montagnes (un classique efficace dans le genre casse tete) et le taxi, et je t'ai aussi trouvé bien courageuse 😉

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